photo argentique Kodak tri-x versus Ilford pan-f comparaison

 

C’est parti pour cette série Film versus Film dans laquelle je vais explorer les différents émultions disponibles sur le marché. On commence donc par deux émultions noir et blanc bien connues: à gauche la Tri-X de chez Kodak et à droite la Pan-F de chez Ilford.

Les conditions de prise de vue:

Appareil photo: Zeiss Planar 80mm F/2 sur Contax 645

Lumière: Tri-X en lumière ambiante sur contre jour et reflecteurs, Pan-F à la boite à lumière sur flash et reflecteur

Mesure d’exposition: en lumière incidente calée sur un EI(*) de 200 pour la Tri-X et EI 25 pour la Pan-F

Modèle: Anastasiia, merci à elle pour sa collaboration aux tests de film entre deux prises de vues.

Photographe: My humble self pour Alka Studio

Développement et scan: Un labo parisien tout ce qu’il y a de plus standard, dont je ne mentionnerais pas le nom… J’ai un peu repris les courbes sur leur scan plus un peu de densité ça et là, 5 minutes max, rien  de structurel. Bref on peut considérer que n’importe quel labo qui livre des scans complètement automatisés sera comparable.

La première chose qui fait râler quand on compare des émultions c’est la différence entre les clichés qui rend toute interprétation équivoque. Pourquoi donc me suis-je fourvoyé dans cette voie moi aussi ? Simple: je n’ai pas vraiment bien prévu mon affaire, faire deux prises de vue en même temps n’est jamais très aisé et là dessus:

J’ai glissé chef !

Mais où est donc passée la septième compagnie ?, Pitivier.

 

Plus sérieusement les comparaisons d’émultions sont intéressantes en ce qu’elles permettent d’identifier un film qui sans travail particulier est plus proche de ce qu’on recherche en terme de rendu. Certains pensent qu’un bon « argenteux » est censé pouvoir tout faire avec une seule émulsion, c’est certainement possible quoique probablement très académique.

Dans dans la pratique c’est quand même plus simple quand on commence proche du but. En outre la plupart des comparaisons disponibles sur internet sont sur base de paysages ou de natures mortes. De mon côté j’ai besoin de savoir ce que ça donne en portrait donc j’ai décidé de partager mon grain de sel car de toute façon j’en ai besoin pour mon projet.

Qu’est ce que j’en tire comme conclusion ?

Bien que la lumière soit TRES différente on peu quand même distinguer ce qui à mon sens  est LA signature distinctive de la Pan-F versus la Tri-X: la réponse tonale. Au risque de manier l’oxymore je dirais que sur la Pan-F les transitions sont douces malgré un contraste global élevé. Le rendu de la Pan-F est sans doute un des plus spécifique parmi les émultions courantes en photo argentique.

Là où la Tri-X passe comme un camion la Pan-F commande plus de finesse à l’execution. L’énorme avantage de la Tri-X par rapport à la Pan-F est sa souplesse d’utilisation. Travailler en dessous de EI 50 ou 25 en portrait même à F/2 n’est pas possible n’importe où, n’importe quand, on développe rapidement une philosophie héliocentrique conjugué d’un tropisme solaire nerveux …

De plus sans avoir creusé la question j’ai le sentiment que le travail du contraste au développement est une affaire autrement plus délicate que celle de la Tri-X qui semble-t-il offre une grande marge de manoeuvre en ce domaine (on va vérifier tout ça plus tard).

Pour donner une analogie plus parlante je dirais que le rendu de la Tri-X est plus Rock’n Roll(**) comparé à celui de la Pan-F qui est clairement plus sophistiqué. Cette aspect crème fouettée dans le rendu de la peau est sublime, je retiens clairement la Pan-F pour ce type de rendu très stylisé.

(*)EI = Exposure Index ou Indice d’Exposition, je n’ai pas encore fait de glossaire, je reviendrai sur cette définition dans un prochain article, pour le moment il suffit de considérer que je cale mon posemètre sur un ISO equivalent à EI et non à l’indice ISO spécifié sur la boite du film. Bizarre ? oui, mais j’en reparlerai.

(**) Ce qui ne signifie pas que la Tri-X manque de subtilité bien au contraire, par Rock’n Roll j’entends tout terrain: une fille en talon aiguille qui va vous suivre à la campagne pour faire du cheval sans faire la moue. Ca c’est d’la minette !